Mise en scène de Jean-Frédéric Messier
D’Egon Wolff, traduit par Claude Demarigny
du 28 février au 9 mars 2013
Production dirigée

Production dirigée de l’École supérieure de théâtre, spectacle des étudiants en jeu, en scénographie et en études théâtrales de l’École supérieure de théâtre
Dates :
du 28 février au 2 mars, ainsi que du 5 au 9 mars, à 20 heures
le 2 mars à minuit dans le cadre de la Nuit Blanche à Montréal
Lieu :
Studio d'essai Claude Gauvreau
pavillon Judith-Jasmin,
405, rue Sainte-Catherine Est
« Tous les arbres avaient tellement peur des fourmis que, quand ils les ont vu venir, ils se sont mis debout… bien raides, en attendant qu’elles leur marchent dessus… »
Marcher sur.
Se soulever.
Insurgo.
*
Tout commence dans la demeure d’un Lucas Meyer riche et quasi divin : Libre, Éternel, Inviolable, ainsi que le sacre sa très chère femme – avant de le supplier de ne pas la laisser dormir seule ce soir-là, saisie d’une peur viscérale. Cette inquiétude, c’est la première fissure au carreau de la fenêtre.
Ce même soir, un à un, les condamnés de l’errance vivant de l’autre bord du fleuve traversent du côté des bien nantis pour réclamer leur droit à l’humanité. La maison des Meyer se fait le théâtre de l’infiltration par les Envahisseurs, ces derniers transgressant toutes frontières, physiques comme morales. La conscience de Lucas Meyer tremble au passage. Des pans entiers s’en détachent et pendent bientôt comme des choses inertes : la parole, vidée de son pouvoir ; l’argent, dénué de toute valeur ; les biens richissimes, transformés en ressource primaire. L’envers du succès de Lucas se révèle peu à peu, alors que dans le fleuve, apparaissent, flottantes, les têtes coupées de quelques riches voisins.
*
Écrite en 1963, cette pièce est considérée comme l’un des chefs d’œuvre de la dramaturgie chilienne. Force est de constater que ses veines sont porteuses du pouls de l’époque, en tout ce que ces années ont pu comprendre de désordre politique. Le peuple, dépossédé depuis longtemps de la plupart de ses terres par une riche élite blanche oligarque, en a assez : la lutte des classes s’intensifie. C’est dans le contexte de cette marée montante qu’Egon Wolff crée Les Envahisseurs.
Quasi prémonitoire, la pièce fait étrangement écho à la montée du socialisme dans les années 1970. Ainsi chargée de son intelligence temporelle et historique toute particulière, elle parvient jusqu’à nous aujourd’hui, encore terriblement actuelle. C’est avec plaisir que nous vous convions en son étrange promontoire, dressé tel qu’il l’est à la pointe de l’Histoire, au confluent des insurrections et, mystérieusement, à la fois en leur amont et en leur aval…
Billets en vente à la billetterie de l’UQAM : Prix régulier 10$ prix étudiant 5$
Renseignements et réservations : 514 987-3456







