Mise en scène de Catherine Vidal
du 13 au 16 novembre 2013
Production dirigée


Mademoiselle Julie, de Strindberg, traduction française de Boris Vian,
Production des finissants en jeu, en scénographie et en études théâtrales de l'École supérieure de théâtre.
Dates :
13, 14 et 16 novembre, à 20h 15 novembre, à 14h et à 20h
Lieu :
Studio-d’essai Claude-Gauvreau,
pavillon Judith-Jasmin,
405, rue Sainte-Catherine Est
De jour et de nuit, l’idée fixe. Ce n’est pas qu’il faut arriver à quelque chose, c’est qu’il faut sortir de là où l’on est. (Duras, 1984)
Le soir de la fête de la Saint-Jean, Monsieur le Comte quitte son manoir pour aller célébrer chez des proches. Pendant son absence, Julie, sa fille, et Jean, son valet, s’engagent dans un jeu de séduction sous les yeux de Christine, la fiancée de Jean. Toute la nuit, ils dansent, s’attirent, se repoussent, s’étonnent l’un de l’autre. À travers leurs échanges à la fois sensuels, arrogants et cruels, ils expriment un urgent désir de s’extirper du cadre dans lequel ils sont confinés. Jean ne veut pas rester valet toute sa vie. Julie, elle, refuse l’avenir normalement prescrit à une jeune femme de son rang. Tous les deux sentent que leur moi suffoque dans ces rôles sociaux qu’ils n’ont pas choisis. Pour s’affranchir de ces rôles, il leur faudrait transgresser l’ordre, le système qui encadre leurs vies. Or, ce combat est incroyablement difficile et douloureux à mener. Avec audace et désespoir, Jean et Julie cherchent, parfois aux dépens de l’autre, les mots et les gestes susceptibles de nommer leur révolte, de la faire éclater.
La metteure en scène Catherine Vidal s’intéresse aux personnages qui, comme Jean et Julie, défient une structure sociale qui les dépasse complètement. La lecture qu’elle fait de la pièce de Strindberg place les luttes du domestique et de la jeune femme sur un même plan. Ainsi, le désir de Jean de progresser dans l’échelle sociale n’est pas plus légitime que le besoin qu’a Julie d’échapper à son avenir de femme mariée, de mère et de maîtresse de maison. Refusant d’accorder raison à l’un ou à l’autre des protagonistes, la metteure en scène donne à voir la confrontation de leurs points de vue, le choc qui résulte de leur rencontre.
Sur scène, les personnages de Jean et de Julie sont démultipliés. Trois Jean font face à quatre Julie. Tous s’appréhendent, s’appellent, s’affrontent. Parmi eux se dresse Christine, une, entière, qui « [sait] où est sa place ». Cependant, même celle qui semble adhérer aux préceptes de sa société sera secouée par les événements de cette étrange nuit de la Saint-Jean. Au terme de la fête, la foi de chacun sera ébranlée. Entre les projets d’avenir qu’échafaudent les personnages, entre leurs prières, leurs menaces, leurs protestations, une terrible question se dessine : la transgression est-elle seulement possible? Est-il possible d’exister, de vivre différemment? Les cadres, les carcans, toutes les définitions peuvent-ils réellement être anéantis?
Billets en vente à la billetterie de l’UQAM : Prix régulier 10$ prix étudiant 5$
Renseignement et réservation : (514) 987-3456











