Atelier public des étudiants de 1ère année en jeu
Mise en scène de Maxime Denommée, collage des textes Gouttes dans l’océan et Les larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder
19 et 20 avril 2016
Atelier public

Collage des textes Gouttes dans l’océan et Les larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder.
Mise en scène de Maxime Denommée
Dates : 19 et 20 avril 2016 à 20h
Lieu : Studio-théâtre Alfred-Laliberté
UQAM, Pavillon Judith-Jasmin
405, rue Sainte-Catherine Est
Montréal/Métro Berri-UQAM
Larmes amères sur pierres brûlantes, c’est le paradoxe de la passion et du rapport dominant/dominé : Petra, éprise de Karine, dit ne vouloir vivre que pour elle; Franz est prêt à tout donner pour Léo. Le désir de fusion restera inassouvi, car la rencontre entre deux êtres est impensable chez Fassbinder, « l’homme est ainsi fait, il a besoin de l’autre, mais... il n’a pas appris à être deux ». Celui qui aime a déjà perdu, voilà. On se sert de l’amour pour obtenir ce que l’on veut de l’autre, on manipule et on est manipulé. Les personnages vivent une désillusion de l’amour dans une esthétique mélodramatique qui se fait critique du simulacre.
Face à l’Allemagne envahie par la culture américaine et le consumérisme (le miracle économique du Plan Marshall), Rainer Werner Fassbinder – artiste multidisciplinaire et foisonnant- puise dans l’esprit combattant étudiant anticapitaliste des années 1960-70, pour éveiller les consciences. Représentant de la génération d’après-guerre, il montre les failles du système allemand en affrontant la réalité de son pays, en dévoilant ses cadavres cachés. Fils spirituel de Brecht, fervent opposant au devenir spectacle de la représentation, il refuse que son art soit une machine à illusion desséchant la pensée critique du spectateur. Chez Fassbinder, il n’y a donc aucun réalisme possible, même s’il flirte avec ses codes pour mieux créer une distorsion. Grâce à cette artificialité, créée par la mise à distance du mélodrame, le spectateur accède à la vérité : celle de la lutte pour le pouvoir dans les relations interpersonnelles, particulièrement amoureuses. Nous sommes ainsi devant une œuvre grandiose où le paroxysme du kitch est politique.
Pour une seconde fois à l’UQAM, Maxime Denommée (acteur prolifique formé au Conservatoire d'art dramatique de Montréal et metteur en scène de Tête Première, Après la fin, Orphelins, Langue-à-langue des chiens de roche et Innocence) se frotte au monde de Fassbinder. Après avoir abordé le thème de la peur de l’autre dans son premier collage des œuvres La peur dévore l’âme, Qu’une tranche de pain et Le Bouc, il poursuit maintenant son exploration de l’œuvre de Fassbinder en s’intéressant aux relations de pouvoir dans ce collage fusionnant Gouttes dans l’océan et Les larmes amères de Petra von Kant.
Avec Marc-Antoine Barrette, Félix Basque, Charlotte Bissonnette Reichhold, Mélodie Bujold, Judith Chartier, Gabriel Correa Leclerc, Laura Côté-Bilodeau, Olivier Hardy, Katherine Imbeau-Savard, François Lacroix-Lafrenière, Marie-Laurence Marleau, Catherine Morrissette, Victor Naudet, Virginie Ouellet, Juliette Ouimet, Alexandre Ricard, Hubert Rivest, Vincent Rochette, Pierre-Alexis St-Georges, Ariane Trépanier
Assistance à la mise en scène et régie : Kathrine Morel
Traduction : Jean-Francois Poirier (Gouttes dans l’océan) et Sylvie Muller (Les Larmes amères de Petra von Kant)
Textes publiés chez L'Arche Éditeur
Billets en vente à la billetterie de l’UQAM, 5 $
Renseignements et réservations : 514 987-3456







