
Mot de la metteure en scène

Que signifie perdre? Que perd-on, vraiment, quand on perd?
Dans Les Troyennes, les femmes en scène sont en deuil de leurs maris, de leurs frères, de leurs pères (tous les hommes de la ville sont morts). Leurs familles sont décimées, et elles seront bientôt séparées les unes des autres. Andromaque se verra même arracher son enfant, que l’armée adverse tue, de peur qu’il ne se venge une fois adulte. À ces douleurs s’ajoute celle de l’exil à venir - Troie est dévastée, et on les contraindra à quitter la terre qui était la leur.
Qu’est-ce que la défaite? Que défait-elle au juste, dans le corps, dans le groupe, dans la parole? Qu’est-ce que cette pièce peut nous apprendre, à nous qui vivons ici dans un pays en paix?
Jouer Les Troyennes dans le présent qui est le nôtre, c’est sans doute une façon, oui, de se confronter à tout ce que nous pourrions perdre. À toutes ces choses que nous aimons, qui se fondent avec la trame de nos vies, et qui sont en train d’être brisées.
Alors que tout bouge autour de nous, que le paysage géo-politique mondial est en train de se renverser en ce moment même, Les Troyennes nous placent face à la fragilité de ce que nous tenons pour acquis.
Prenons ensemble le temps sacré du théâtre pour nous asseoir autour de cette douleur, en sa compagnie; dans la lumière tenace de notre humanité partagée.
Merci d’être là.
Véronique Côté (Consulter sa biographie)
Metteure en scène
Mot de le·la dramaturge

Ma tendre Cassandre,
Enfin est venu le temps de chanter à nouveau tes mots.
Car oui, Cassandre, des siècles après tes prédictions, ton histoire est toujours racontée à travers le monde. Toi qui as tout vu, tout su, qui as tenté de nous avertir, mais que l’on n’a pas crue à cause d’une malédiction. Encore aujourd’hui, j’ai l’impression que nous refusons de voir le pire arriver, jusqu’à ce qu’il nous saute aux yeux.
J’espère que ce soir, Cassandre, on te croira. Pas nécessairement sur l’issue de la guerre de Troie, car, au fil des siècles, nous avons fini par comprendre ce qui s’était passé. Non, je te souhaite surtout que l’on reconnaisse que tu savais, que tu n’étais pas folle et que, toujours, tu as été authentique et n’as fait que dire la vérité.
Tu sais pourquoi tu nous inspires Cassandre ?
Car tu es une victime que l’on a refusé de croire. Et puisque nous savons désormais que tu avais raison, tu portes en toi la voix de toutes les victimes que l’on ne croit pas. D’une façon, tu portes aussi ma voix, belle Cassandre. Et malgré ça, tu as trouvé ta résilience dans l’amour, l’amour de ta ville, de ta famille, de tes consœurs. Même si on ne te croyait pas, tu as toujours gardé l’amour en toi.
Alors ce soir, ce n’est pas la parole que je te donne, tu la possèdes déjà amplement.
Ce soir, je t’offre mon oreille, mon écoute et je te crois.
Je sais déjà que tes mots continueront à traverser les époques. J’espère qu’ils seront écoutés, compris et qu’ils continueront à en inspirer beaucoup d’autres.
C’est avec tout mon amour que je lève mon flambeau pour toi, ma chère Cassandre. En espérant qu’il éclaire les esprits comme le tien a éclairé le mien.
Emz Narbonne
Dramaturge
Mot du chorégraphe et conseiller au mouvement

Dans un Québec ou un Canada où la guerre ne fait pas rage, mais existe toujours quelque part dans le monde, comment la tragédie peut-elle encore se faire sentir, se transmettre, s’incarner ? C’est la question que je pose à ces jeunes interprètes d’ici.
Mon travail part toujours de cette relation fondamentale : le corps et le sol. C’est à travers elle que nous sommes tous égaux, tous reliés, sur cette planète. Les corps présents sur scène peuvent ainsi refléter tous les corps — d’ici et d’ailleurs, de maintenant et d’avant.
Et c’est là, dans cette exploration physique et poétique, que naît pour moi la nécessité de ce travail : nourrir une présence vraie, ancrée, éveillée, qui permet de rencontrer la douleur des autres, et de l’habiter un instant, par l’art.
Ce n’est pas un spectacle sur la douleur, mais un appel à la conscience. À travers le souffle, le poids, la lenteur, à travers l’écoute du sol et des autres, je cherche à faire émerger une présence qui rende la tragédie vivante, actuelle, et profondément humaine.
Jadson Caldeira
Chorégraphe et conseiller au mouvement
Interprétation

Hélène

Hécube

Ménélas

Talthybios

Poséidon

Suivante 2

Athéna
Suivante 3

Coryphée

Andromaque

Cassandre

Suivante 1
Conception et production

Mouvement et chorégraphie

Dramaturgie

Assistance à la mise en scène et régie

Direction de production

Costumes

Espace et lumières

Environnement sonore et musical

Accessoires
Direction de l’École supérieure de théâtre
Directeur
Yves Jubinville
Directrice des programmes de 1er cycle
Maud Gendron-Langevin
Directeur des programmes de 2e cycle
Hugo Dalphond-Laporte
Équipe de soutien de l’École supérieure de théâtre
Assistante administrative
Marie Chartré
Assistante gestion des études – programmes de 1er cycle
Ariane Renaud
Chargée de projet – direction technique
Azraëlle Fiset
Animateur – Soutien académique
Patrice Tremblay
Apparitrice – ateliers d’enseignement
Sylvianne Binette
Appariteur – ateliers d’enseignement
Paul Desgagné
Chef atelier de décors
Charles-Hugo Duhamel
Cheffe atelier de costumes
Raphaëlle Guigue
Technicien en travaux pratiques
Luc Maltais
Technicien en travaux pratiques
Colin Dinard
Technicien de scène
Claude Boissonneault
Technicien de scène
Luc Désilets
Agent d'information
Steave Ruel
Aides de première année
Assistance à l’éclairage
Jérôme Marineau et Éléonore Martin
Assistance au son
Océane Gagné
Assistance aux costumes
Élodie Lorimier et Abigaël Neault
Équipe d'encadrement et coachs
Accompagnement artistique et dramaturgique
Émilie Martz-Khun
Accompagnement artistique
Michel-Maxime Legault
Costumes
Marie-Audrey Jacques
Éclairages
Hugo Dalphond-Laporte
Assistance à la mise en scène, la régie et direction de production
Catherine Desjardins-Jolin
Encadrement des étudiants de première année en scénographie
Claudie Gagnon
Anne-Sarah Gendron
Encadrement vocal
Marie-Claude Lefebvre
Accessoires
Karine Cusson
Dramaturgie
Myriam Perraton-Lambert
Maquillage
Suzanne Trépanier







