Studio-d'essai Claude-Gauvreau (J-2020)
25 septembre 19h et 26 septembre 15 et 19h
Sous la forme d’une conférence-démonstration, cette étude du phrasé théâtral vise à présenter une méthode destinée aux interprètes, où la réplique n’est pas analysée d’un point de vue littéraire ou psychologique, mais du point de vue de son phrasé : l’élan musical de la phrase, la manière d’en articuler les différents segments (Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition).
La parole naît d’un besoin, d’une impulsion créative, d’un élan, avant de se structurer en mots. Au théâtre, l’auteur fixe cette parole par l’écriture afin de la transmettre aux interprètes et d’en assurer la pérennité. L’interprète doit alors remonter le fil de la pensée de l’auteur pour retrouver cet élan initial qui a engendré la parole. Il analyse les répliques pour y déceler le phrasé, alors contenu en latence dans le texte.
Pour ce faire, il dispose de la syntaxe et de la typographie qui livrent déjà les indices d’un phrasé que j’appelle le phrasé inscrit. Je le distingue du phrasé interprétatif, qui relève, lui, de l’acteur. Comment ces deux phrasés dialoguent-ils ? Comment le phrasé inscrit informe-t-il et guide-t-il le phrasé interprétatif, lequel, à son tour, vient l’enrichir ?
Cette étude vise donc à exposer comment, au fil de cette maîtrise et de ses laboratoires, mes complices et moi avons analysé des répliques de manière à faire (re)jaillir la parole naissante.
Un mémoire-création d'Emmanuel Bégin

Biographie d'Emmanuel Bégin
Issu d’une famille de musiciens, Emmanuel développe très tôt une sensibilité aux arts vivants. Violoniste, puis violoncelliste, c’est toutefois l’art dramatique qui l’interpelle plus que tout. Il amorce sa formation à l’Université Laval, au baccalauréat en théâtre et arts vivants, où il explore la mise en scène et l’écriture dramatique, avant de poursuivre en jeu à l’École supérieure de théâtre de l’UQÀM à Montréal.
En 2023, à la suite des auditions générales de fin de formation, il est sélectionné pour intégrer la Jeune Troupe du Théâtre de Quat’sous. Avec la troupe, il joue dans Dis-moi que tu m’aimes, un collage de textes de Catherine Chabot, mis en scène par Gabrielle Lessard et Cédric Delorme-Bouchard.
Son parcours est enrichi par plusieurs formations internationales, notamment à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA) et à l’Actors Studio UK, à Londres. Il se spécialise également en théâtre baroque auprès du Théâtre Molière Sorbonne, avec qui il a le privilège de se produire en février 2025 au Théâtre Montansier de Versailles, dans le cadre du festival La Trilogie du Grand Siècle.
Au cinéma, on pourra bientôt le voir dans Evening Yearning, un court-métrage réalisé par Simon Garez. Parallèlement à sa carrière de comédien, Emmanuel est candidat à la maîtrise en théâtre à l’UQÀM et boursier du Conseil de recherches en sciences humaines.
Remerciements
Des nains sur des épaules de géants.
Nanos gigantum… Bon, je vous fais grâce de la traduction latine, mais cet adage médiéval illustre bien mon sentiment. Lorsque je me suis inscrit à la maîtrise, j’avais des intuitions d’acteur, un enthousiasme débordant, une fascination pour la linguistique, pour la musicalité de la parole. Mais ce n’est qu’au contact de ces géants et géantes – rencontrés parfois dans les livres, parfois en chair et en os – que cette recherche a pu se déployer et devenir quelque chose dont je suis fier de vous présenter aujourd’hui.
J’aimerais remercier mon directeur, Peter Batakliev, qui m’a accueilli dès le début du parcours et qui a su m’accorder l’espace nécessaire pour sortir des sentiers battus et suivre mes intuitions jusqu’au bout. Arrivée en milieu de parcours, Marie-Claude Lefebvre, par son expertise unique et sa grande rigueur, a joué un rôle crucial dans le déploiement de ce projet. Elle a su comprendre ma recherche et m’accompagner avec une finesse et une générosité exceptionnelle. Merci à vous deux !
Je tiens également à remercier les interprètes qui ont collaboré avec moi lors de mes laboratoires : Charles Boivin Groulx, Elizabeth Gravel, Julie Le Tallec, Mélopée Paquet Poisson, Amaryllis Tremblay, Nori Vaillancourt et Sebastian Reale Hernandez. Ce fut un grand bonheur de travailler avec vous.
Merci aussi à toute l’équipe de l’École supérieure de théâtre pour leur soutien indéfectible.
Enfin, j’aimerais remercier le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, dont l’appui a rendu ce projet possible.
Suppléments
Pour approfondir, j’invite à consulter le site de Michel Bernardy, Le jeu verbal : https://www.jeuverbal.fr/. Dans le souci de diffuser largement son enseignement sur l’oralité de la langue française, Bernardy met à la disposition de tous les internautes une édition numérique de son livre Le jeu verbal, qui fut une source d’inspiration majeure pour ce projet. Son site recèle également de précieuses trouvailles pour quiconque s’intéresse comme moi au passage de l’écrit à la parole.
Collaborateur·ices
Chercheur et conférencier
Emmanuel Bégin
Direction de recherche
Marie-Claude Lefebvre
Peter Batakliev
Technicien
Luc Désilets












